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Située au fond de la baie de Génipa, cette formation représente la plus grande plaine alluviale de la Martinique. Sa physionomie est le résultat de phénomènes sédimentaires relativement récents.

Une plaine alluviale comme celle-ci se forme essentiellement à partir du dépôt de particules sédimentaires apportées par les cours d’eau issus des bassins versants. Le volume d’eau concerné représente le quart des eaux douces collectées par l’ensemble de l’île. La surface totale des bassins versants intéressés représente 345 km2, dont 90 km2 pour la Lézarde et 63 km2 pour la Rivière Salée. Les matières arrachées en hauteur vont finalement se déposer dans les zones basses où les cours d’eau perdent de la vitesse. Cette sédimentation peut se faire, soit au niveau de la plaine et de la mangrove lors des crues, soit au niveau du lit des rivières, formant ainsi des bouchons vaseux qui augmentent la probabilité de crues, soit en milieu marin dans la baie de Génipa.
La mangrove* constitue ainsi un véritable piège à sédiments. Les formations alluviales construisant l’embouchure deltaïque de la Lézarde ont progressé de 250 m entre 1955 et 1982, soit près de 10 m/an, ce qui est considérable !

Ceci explique l’évolution constatée tout au long du Quaternaire, au cours duquel le littoral martiniquais a été soumis à des  variations du niveau de la mer. Il y a de cela à peu près 6 000 ans, lors de la transgression* flandrienne*, les zones basses ont été envahies par l'océan, entraînant ainsi la formation d'une côte à rias* plus découpée que la côte actuelle, la mer pénétrant alors profondément dans les vallées. Depuis, les sédiments apportés par les rivières (La Lézarde, La Rivière Salée, etc...) ont colmaté le fond des rias, participant ainsi au comblement progressif du fond de baie. Ce phénomène se poursuit actuellement grâce à la progression rapide de la mangrove. Le Morne Cabrit, le Petit Morne, le Morne Rouge, le Morne Doré sont d'anciennes îles, aujourd'hui réunies à la terre par la mangrove. 



L'altération participe à la fragilisation de la roche donnant ainsi des particules de taille variable et des ions solubles qui seront arrachés aux reliefs par les précipitations, puis transportées par les eaux de ruissellement et les rivières en direction de la mer. Le transport participe à une nouvelle fragmentation de certains matériaux et à leur tri sélectif.

La très forte pluviométrie de l’île et la rapide saturation des sols en eau sont à l’origine de débits relativement importants pouvant atteindre 40m3/s/km2. On estime que la vitesse d’écoulement d’une rivière d’un tirant d’eau de 0,5 m sur une pente de 1% est de l’ordre de 1,5 m/s, à cette vitesse une personne debout ne peut résister au courant. Lorsque l’on sait que les ravines qui alimentent ces cours d’eau prennent naissance au niveau de terrains relativement pentus, une telle vitesse confère à l’eau une activité érosive très efficace. En conséquence, le transport des matières en suspension est relativement important. 

Dans la Lézarde, on estime à 50t/km2 le flux de matières en suspension emportées par une crue annuelle, un tel flux correspond à une vitesse d’érosion de 1 mm/an sur l’ensemble des bassins versants. Cette vitesse d'érosion plus importante que celle intervenant dans la formation des sols, entraîne leur destruction progressive. A titre de comparaison, la vitesse mondiale moyenne d'érosion est de l'ordre de 0,045 mm/an, soit une valeur 22 fois plus faible que celle intervenant en Martinique.
En Haïti, théâtre d’une déforestation massive pour la production de charbon de bois et d'une multiplication des parcelles agricoles, ce processus bien avancé est à l’origine d’une désertification. Les sols sont alors remplacés par la roche mère totalement stérile. 

En fonction de la distance à parcourir, les éléments les plus volumineux peuvent ne pas arriver à la mer et jonchent le lit des rivières. Par contre, les petits galets, les sables et les particules argileuses, pourront y parvenir et participent ainsi à la formation des plages et des mangroves. Dans les zones basses, lors des crues, ces éléments quittent le lit de la rivière et sont abandonnés sur les berges par des eaux qui construisent alors les plaines alluviales. C'est ainsi que furent élaborées progressivement les plaines du Lamentin et de Rivière Salée.




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